10.06.2008
Une situation financière catastrophique ?

A peine arrivée aux responsabilités, la nouvelle équipe municipale claironne que la situation financière de la ville est « catastrophique » et prend comme première décision budgétaire l’augmentation des indemnités des élus de 30%.
Par une consultation illusoire des rouennais, l'équipe actuelle laisse penser qu'elle pourrait racheter au promoteur privé, l’Espace Monet Cathédrale (au bas mot entre 10 et 12 millions d’euros).
Il y a là des incohérences qui n’annoncent rien de bon quant à la manière dont Mme Fourneyron s’apprête à gérer la ville de Rouen. Des incohérences mais aussi beaucoup de mauvaise foi. Les conclusions que tire le nouveau maire de l’audit réalisé dans la précipitation et in-élégamment communiqué à la presse avant d’être présenté aux élus de la majorité comme de la minorité ne trompent personne.
Celui-ci est composé de deux parties : il fait le bilan des années 2005-2007 et dresse les perspectives pour la période 2008-2013. Bien que limitant la comparaison de la situation de Rouen à seulement 5 autres villes (il y en a 37 de plus de 100 000 habitants). On notera qu’il n’apporte sur la situation financière aucun élément nouveau. En effet, il confirme successivement que la ville :
- subit un fléchissement limité de son épargne brute ;
- présente un niveau de recettes de fonctionnement supérieur à la moyenne de l’échantillon étudié ;
- bénéficie d’un potentiel financier par habitant plutôt élevé ;
- pratique un effort fiscal en dessous de la strate des communes de 100 à 300 000 habitants ;
- supporte des dépenses de fonctionnement (imputables à ses charges de centralité) d’un poids plus conséquent ;
- a réalisé un effort d’investissement soutenu ces dernières années.
Constat parfaitement en phase avec le rapport de la Chambre régionale des comptes (seul juge des finances des collectivités locales) ainsi qu’avec les résultats du compte administratif 2007 qui sera soumis au conseil municipal de début juillet. Ainsi la ville a un ratio d’endettement (10,7 ans) « largement en dessous » du seuil d’alerte communément admis (15 ans).
On peut dès lors s’interroger sur le décalage qui existe entre le diagnostic établi par 3 documents financiers différents et la situation soi-disant catastrophique décrite par l’élue socialiste.
Elle tire ses conclusions de la deuxième partie « perspectives financières 2008-2013 ». L’audit recense en effet l’ensemble des engagements pris de 2001 à 2008 pour remettre la ville à niveau : le Grand Projet de Ville, les équipements publics dont l’auberge de jeunesse et la Médiathèque, les opérations d’urbanisme (Lucilline, Aubette Martainville avec le pôle Innovation Santé), le contrat de partenariat (qui correspond à la remise à niveau et à la modernisation de l’éclairage public, aux feux tricolores ainsi qu’à la gestion du quartier piéton) ou encore l’entretien courant de la voirie, des espaces verts et des bâtiments. Soit une charge nette d’environ 150 millions d’euros pour les 6 années à venir.
Contrairement à ce que dit Mme Fourneyron, ces engagements ont été pris en toute transparence par le Conseil municipal. Ils correspondent par ailleurs à une volonté de développement et de renouvellement urbain de notre ville et s’inscrivent dans la durée : 10, 15 voire 20 ans qui correspondent à une vision à long terme. Comme partout ailleurs en France, ces projets dépassent forcément le cadre d’une simple mandature. C’est précisément cela le sens de la continuité du service public : poursuivre, comme la majorité conduite par Pierre Albertini l’avait fait en arrivant à la ville en 2001, les travaux engagés par l’équipe précédente. Chacun sait que dans l’histoire d’une ville il y a une continuité nécessaire. Que serait-il advenu du quartier Pasteur commencé il y a plusieurs années si les décisions d’aménagement de ce quartier en devenir avait été sans cesse remises en cause ?
A noter que l’audit formule un constat, il ne formule aucun jugement de valeur, pas plus qu’il ne formule de préconisations d’ailleurs. Alors qu’elle avait été mise en garde pendant la campagne électorale quant au coût de son programme "les 100 projets", le nouveau maire réalise qu’elle doit en effet faire des choix. La question est de savoir si ceux-ci doivent se faire au détriment de ce qui est déjà en cours de réalisation.
D’ailleurs alors que l’audit fait l’impasse sur les recettes supplémentaires susceptibles d’être générées par les investissements alors réalisés (activités nouvelles, taxes foncière et d’habitation…..), on imagine sans peine ce qui se profile. Mme Fourneyron choisira de casser la dynamique enclenchée par la ville : elle annonce déjà sans consultation, ni avec les aménageurs ni avec les habitants, la réduction du Grand Projet de Ville. Elle laisse Laurent Fabius (à quel titre ?) annoncer l’arrêt du chantier de la médiathèque pourtant inscrite par son prédécesseur François Zimeray au contrat d’agglomération et largement avancé. Elle prépare l’augmentation de la fiscalité (Paris Normandie du 06 juin dernier) après avoir juré surtout ne pas y toucher. Serait-ce dû à un manque de sérénité et donc de cohérence dans le suivi des dossiers ou alors à une stratégie bien préparée ?
En effet, les conclusions de l’audit, en contradiction avec le rapport de la Chambre régionale des comptes effectué par des magistrats indépendants, étaient formulées avant même d’avoir commencé. Ceci dans le seul but d’abandonner tous les projets qui ne lui plaisent pas au détriment de l’intérêt général. En tout état de cause, on peut critiquer la gestion de son prédécesseur, mais l’accuser de « dissimulation et de décisions irresponsables entravant le développement et l’avenir de Rouen » est, à nos yeux, grave. Ceci est tout à fait abusif voire diffamatoire lorsque l’on sait que chacun des engagements pris par l’ancienne équipe municipale ont tous été précédés d’un débat et d’un vote au Conseil municipal de Rouen. L’équipe actuelle dont plusieurs membres siégeaient alors dans la minorité socialiste le sait très bien….Certains d'ailleurs, membres soit du Conseil Général, soit du Conseil Régional, n'ont jamais au nom de la pensée unique, usé de leur statut d'élus pour que ces collectivités participent au financement des projets de la Ville, préférant asphyxier des finances qu'ils ont beau jeu aujourd'hui de qualifier de catastrophiques.
23:19 Ecrit par Rouen Perspectives dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note






Commentaires
Or en ce qui concerne la ville de Rouen, ce n'est pas le cas.
Le projet de la médiathèque, tel qu'il fut conçu par l'ancien magistrat de la ville n'aurait pu fonctionner qu'en fermant les bibliothéque de proximité.
Voila un bel exemple d'inestissement pour tous.
De plus, les deux des plus gros investissements (PPP et Médiathèque) furent décidé en fin de mandat. Il est donc certain que l'objectif de cette programmation était politique et non pour le bien des rouennais.
Ce rapport est éloquent. Lorsque Pierre Albertini affirme qu'il ne faut que 4millions d'euros pour 2008 dans le cadre de la médiathèque, il oublie de dire (et on le voit dans le rapport) que rouen seine aménagement apporte 10 millions d'avance pour les travaux 2008.
Des besoins cachés par le biais d'entourloupe d'écriture, des choix purement politiques de site (médiathèque), un PPP qui engraisse des sociétés privées et dont le système est remis en cause par certains médias nationaux....
Merci !
Ecrit par : fredquillet | 12.06.2008
Répondre à ce commentaireAyant le plaisir de vous connaître un peu, nous nous permettons de vous rappeler que vous n’êtes pas un grand connaisseur de la technique des finances publiques aussi vous voir parler d’ « entourloupe » nous force à réagir.
Vos attaques sont diffamatoires lorsqu’on sait – et les PV de tous les conseils municipaux l’attestent (vous pouvez aller vous rafraîchir la mémoire en les consultant) - que tous les engagements de l’ancienne municipalité ont été pris en toute transparence. Tous les plans de financements ont toujours, comme la loi l’exige, été fournis à l’assemblée des élus de la minorité aux élus de la majorité. La chambre régionale des comptes atteste d’ailleurs de la bonne tenue de la gestion des finances de la ville qui, je vous le rappelle, a été modernisé en 2002. Vous reprochez à la médiathèque et au PPP d’être des choix purement politiques ; dans votre bouche, ce mot semble être un gros mot. Nous vous laisserons et vous renverrons à la consultation d’un dictionnaire. Ce sont en effet des choix politiques, des choix pour la vie de la cité (en grec polis), pour la vie des rouennais dont nous souhaitons comme vous le bien. Et je rappellerai que ces deux investissements n’ont pas été décidés en fin de mandat mais bien en début de mandat. Faut-il rappeler le retard de 30 ans accusé par la ville dans ces deux domaines que sont la lecture publique et la performance de l’éclairage publique, des feux de circulation. Des retards identifiés sur le plan national par une presse que vous vous plaisez à prendre à témoin. Certains élus sortants, qui appartiennent à votre formation, ont travaillé -avec les équipes de la ville, des bibliothèques, de la DRAC et du Ministre – sur le dossier de la médiathèque pendant 7 ans.
Car il y avait des retards et des archaïsmes – absence d’informatique et de programme de numérisation, vétusté des locaux, pas de saison artistique ni d’équipe de médiation dans les quartiers… oui il fallait s’atteler à la tâche et lancer particulièrement le projet de la médiathèque, de même qu’il fallait penser, comme cela a été fait, à la mise en réseau des bibliothèques annexes de la ville ainsi que de celles de l’agglomération…c’est une fierté de l’équipe sortante de l’avoir fait, rendre le livre et la lecture publique, premier outil de la connaissance et de l’émancipation accessible au plus grand nombre !
Ecrit par : CDI | 13.06.2008
Répondre à ce commentairevous avez raison: Au lieu de dire projet purement Politique, j'aurai dû dire "purement politique politicienne".
Je vous remercie néanmoins d'avoir répondu à mon argumentaire même s'il vient d'une personne......comment dîtes vous ......" un grand connaisseur de la technique des finances publiques aussi vous voir parler d’ « entourloupe »" ?
Je vous prends aux mots..... si je suis dans la diffamation, vous avez le DEVOIR de m'assigner au tribunal et je m'expliquerai.
Ecrit par : fredquillet | 13.06.2008
Répondre à ce commentaireMerci
réponse
vous avez raison: Au lieu de dire projet purement Politique, j'aurai dû dire "purement politique politicienne".
Je vous remercie néanmoins d'avoir répondu à mon argumentaire même s'il vient d'une personne......comment dîtes vous ......"nous nous permettons de vous rappeler que vous n’êtes pas un grand connaisseur de la technique des finances publiques aussi vous voir parler d’ « entourloupe »
Je vous prends aux mots..... si je suis dans la diffamation, vous avez le DEVOIR de m'assigner au tribunal et je m'expliquerai.
Ecrit par : fred quillet | 13.06.2008
Répondre à ce commentairePour info :
http://lejournaldunecantilienne.unblog.fr/2008/06/11/solidarite-noelie-1-an-a-besoin-dun-donneur/
Bien à vous
Ecrit par : chouchou | 16.06.2008
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