16.06.2008

Le ver est dans la Comm.

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Une preuve est un argument étayé visant à établir une conclusion.

Il existe deux types de preuves épistémologiquement considérées comme valides :

-Les preuves basées sur la déduction qui ont un caractère absolu ou certain pour autant que l'on respecte leurs hypothèses de départ.
-Les preuves basées sur l'induction qui ne sont vraies qu'avec une certaine probabilité dont l'estimation dépend des connaissances disponibles (par exemple, l'estimation de la probabilité qu'une pièce tombe sur un de ses côtés ne sera pas la même s'il est établi à l'avance que la pièce est truquée).

Dans la vie réelle, la plupart des preuves, si elles peuvent comporter des éléments déductifs, contiennent malgré tout un ou des éléments inductifs qui leur confèrent donc un certain niveau d'incertitude. L'évaluation souvent intuitive de ce niveau déterminera alors le niveau de confiance qu'on peut apporter à la preuve. La plupart des preuves utilisées dans la vie courante sont communément admises comme étant dignes de confiance.

Si le niveau de confiance d'une information n'est pas suffisant, on parlera alors de soupçon, de présomption ou d'indice, mais des indices concourants peuvent mutuellement renforcer leur niveaux de confiance et être alors considérés comme équivalents à une preuve et acceptés comme tels. On parlera alors de faisceau de présomptions.

La théorie des probabilités permet de démontrer que l'ajout de conditions à une preuve non certaine peut augmenter ou diminuer son niveau de confiance jusqu'à la certitude ou au rejet (l'ajout d'une pièce à un dossier juridique peut augmenter ou diminuer l'estimation de culpabilité et même la garantir ou la rejeter totalement) mais en aucun cas l'ajout de conditions à une preuve certaine ne peut changer son caractère certain. Si cela devait arriver, cela signifierait que la preuve n'était pas aussi certaine qu'on ne le pensait.

Dans la vie locale rouennaise, les élus du groupe Centre, Démocrates et Indépendants, ont ainsi voulu démontrer par la preuve que la consultation de l'avenir de la Place de la Cathédrale lancée par la Municipalité se trouvait biaisée dès le départ, les conditions de rigueur de celle ci n'étant pas réunies .

Vendredi 13, dernier jour de la consultation, ils ont donné rendez-vous à la presse à l'Office de Tourisme, pour dénoncer les conditions de cette consultation citoyenne, en démontrant qu'il était possible de mettre autant de bulletins que souhaités dans l'urne, influençant dans un sens ou dans un autre, les résultats.

Comme le relate le Paris Normandie du 14/06, certains d'entre nous ont numéroté leurs bulletins, d'autres ont choisi de proposer des projets plus ubuesques et risibles les uns que les autres, projets en tout cas que le plan de sauvegarde ne permet en aucun cas de réaliser. Cerise sur le gateau, une dame, trois bulletins en mains, et affirmant voter pour la seconde fois, et qu'on ne peut taxer de mauvaise fois, est venue épauler notre démonstration en glissant elle aussi ses trois souhaits dans l'urne.

Au delà du manque de rigueur, qui décrédibilise complètement les souhaits honnêtes de ceux qui ont participé à cette consultation et en ont détourné ceux qui justement en connaissaient les limites, au delà de l'interrogation que l'on peut justement avoir sur ceux qui seront à venir, on peut s'étonner que ceux qui ont dénoncé avec des cris d'orfraies la communication du Président de la République, usent de même dans la communication de la Ville, sauf à penser, que comme Monsieur Jourdain et sa prose, ils feraient du "sarkozysme" comme ils disent, sans même le savoir.

Mais cela, on n'ose l'imaginer. 

 

11:17 Ecrit par Rouen Perspectives dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

Commentaires

vs faîtes pitié, mais dq allez vs comprendre que personne n'en veut du projet viguier ?????????????????

Ecrit par : rouennais | 17.06.2008

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@rouennais: Il ne s'agit pas de savoir si le projet viguier est bon ou pas bon, il s'agit de savoir comment on fait une consultation publique ?!

En l'occurrence un référendum, qui se prêtait tout à fait à la 1ière circonscription, c'est à dire à la ville de Rouen qui est sous l'égide du député maire !
Et non cette farce de consultation publique...

Ecrit par : olivier | 18.06.2008

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Lors d'un aménagement rue Ganterie, dans mon quartier, nous avions reçu un courrier avec un bulletin à retourner à la municipalité. Nom, prénom, adresse, un seul vote par foyer. On ne peut en aucun cas garantir que les votes ont été vérifiés, mais cette "consultation publique" concernant la cathédrale a engendré des dépenses et ne semble rien avoir apporté de concret. On aurait probablement mieux fait d'embaucher des intérimaires pour vérifier les courriers, ça n'aurait pas coûté beaucoup plus...

Ecrit par : Karadomine | 19.06.2008

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