29.06.2009

Le Sénat unanime pour restituer les têtes maories à Wellington.

tetemaori.jpgLes sénateurs ont voté aujourd'hui, à l'unanimité, une proposition de loi permettant la restitution à la Nouvelle Zélande des têtes maories taouées et momifiées conservées dans les musées français. Tous les intervenants ont plébicité le retour de ces restes humains "dont l'histoire rappelle les pires heures du colonialisme".

Le nouveau ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, dans sa première intervention devant le Parlement, a apporté son soutien à ce texte, qui doit à présent poursuivre son parcours parlementaire à l'Assemblée nationale. "L'histoire de ces artefacts est bien connue. A l'origine pratique rituelle, témoignant du respect d'une tribu et d'une famille envers ses morts, la momification des têtes est devenue, sous l'effet de la curiosité macabre des voyageurs et des collectionneurs européens, l'objet d'un commerce particulièrement barbare", a-t-il souligné. "On ne construit pas une culture sur un trafic, sur un crime. On construit une culture sur le respect et l'échange, sur une véritable pratique de la mémoire", a-t-il ajouté..

Le texte visait pourtant à contrer son prédécesseur, Christine Albanel, qui s'était opposée à une décision prise par la Mairie de Rouen, en octobre 2007 de remettre au musée national Te Papa Tongarewa une tête d'un chef maori conservée en dépôt depuis 1875 au Muséum d'Histoire Naturelle. La décision du conseil municipal avait été annulée en décembre 2008 par le tribunal administratif saisi par Mme Albanel.

Initiatrice de la proposition de loi, Catherine Morin-Desailly, a réussi dans ce combat qu'elle a initié avec Pierre Albertini, à faire l'unanimité de ses collègues :

Richard Tuheiava (app PS, Polynésie) s'est félicité de cette "dynamique législative novatrice et ouverte vers l'autre" tandis que Nicolas About (Union Centriste) appelait à "comprendre ce que ressentent les descendants de ces peuples lorsqu'ils apprennent la survivance de restes de leurs ancêtres dans nos musées". Nicolas About avait été l'auteur d'une proposition de loi qui avait permis en 2002 à l'issue d'une longue bataille de restituer à l'Afrique du Sud la dépouille de Saartjie Baartman, la "Vénus Hottentote". "Notre assemblée s'honore" avec ce texte "qui nous donne des responsabilités nouvelles à l'égard des morts comme des vivants", a renchéri Odette Terrade (PCF).

Près de 500 têtes maories étaient réparties dans les musées de la planète, environ 300 ont été restituées. La France en possède de 15 à 20 dont sept à huit au Quai Branly et d'autres à Marseille, Dunkerque, Rouen, Lille, Lyon, Nantes, La Rochelle, Rochefort et deux à l'université de Montpellier.

Au-delà des têtes maories, le texte a été "complété" sur proposition du rapporteur UMP Philippe Richert pour "réactiver" la procédure de déclassement de biens appartenant aux collections. La commission scientifique compétente en la matière, créée en 2002 et qui ne comportant que des professionnels des musées étant jugée inopérante, a été "redimensionnée" avec une composition élargie aux élus et personnalités qualifiées et avec une "feuille de route" plus précise.

"Une réflexion est à conduire sur la gestion éthique des collections des musées et notamment des restes humains", a souligné M. Richert.
"Le mot inéliabilité est décidément difficile à prononcer", a ironisé Frédéric Mitterrand en concluant les débats.

La prochaine étape se jouera à l’Assemblée Nationale, qui si elle adopte cette proposition de loi, permettra alors à l’ensemble des têtes maories que détient la France d'être restituées à la Nouvelle-Zélande afin d’être inhumées dans le respect des traditions de ce peuple autochtone qui a toujours lutté face aux menaces pesant sur sa survie identitaire et culturelle.

 

Commentaires

La vie politique c'est la tete Maori?

vous vivez toujours dans le passé.

Ecrit par : Fred Quillet | 30.06.2009

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Félicitations pour votre détermination et votre travail.

Outre la portée de cette loi, cela participe à redorer l'image du sénat qui devient de plus en plus l'assemblée ou on débat, retouche, réoriente, au détriment de l'assemblée nationale qui n'a tendance qu'à devenir qu'une simple une caisse d'enregistrement.

Ecrit par : edouard lefevre | 30.06.2009

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Bonjour.
Je peux comprendre la démarche et en même temps.... quel est le rôle d'un musée?
N'y a-t-il pas un but éducatif qui peut conduire à une réflexion sur l'homme, les interactions et le rapprochement des peuples par une compréhension élargie des cultures éloignées ?
AMHA il y a confusion ici, confusion et utilisation politique. A qui devons nous remettre les restes de Cro-magnon ....? Et aussi....Nous devrons renvoyer les animaux de nos zoos dans leur pays d'origine et fermer ces parcs animaliers aussi. Je penses que nous devrions aussi présenter des excuses et marquer de la repentance. N'allons pas plus loin les dérapages vont être vertigineux.

Ces artefacts sont aussi porteurs de réflexions utiles et les avoir sous les yeux à portée de vue (en Nouvelle Zélande cela sera impossible, sauf peut être pour des élus ayant des moyens de voyager....?? et bien loin du quotidien réel du pequin de base que je peux être par exemple). La réflexion peut aussi se faire autant quant à leur contexte d'obtention qu'au (et surtout) symbolisme propre à cet item.

Ecrit par : valnapo | 30.06.2009

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au tour de Valérie Fourneyron d'en parler : http://www.valerie-fourneyron.fr/assemblee-nationale/tetes-maories-un-grand-pas-en-avant-vers-leur-restitution/

Ecrit par : edouard lefevre | 01.07.2009

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