22.06.2009
Lettre ouverte à Laurent FABIUS .
Au moment où le Conseil Général de la Seine-Maritime délibère sur le rachat du bâtiment de la médiathèque de Rouen à la ville, Catherine MORIN-DESAILLY, Sénatrice de la Seine-Maritime, présidente du groupe Centre, Démocrate et Indépendants au conseil municipal de Rouen, en appelle à Laurent Fabius, Président de la Communauté de l’Agglomération Rouennaise, afin que soit reconsidérée la position de l’ensemble des partenaires sur un projet quasiment réalisé et dont on mesure aujourd’hui le sens et l’ambition.
Un sauvetage politique du Maire de Rouen par le président du Conseil Général, qui ne masquera jamais le sentiment d’un immense gâchis.
« Monsieur le Président,
A l’heure où s’achève le bâtiment de la médiathèque à Grammont, je m’adresse à vous en tant que président de l’agglomération afin que puisse être reconsidéré l’abandon de ce projet d’intérêt général pour le livre et la lecture publique, projet attendu depuis 30 ans à Rouen et dans notre région qui accusent un retard identifié au niveau national dans ce domaine.
Au lendemain des élections municipales de 2008, vous laissiez entendre dans la presse que la médiathèque de Rouen était un projet élitiste. Fort de ce point de vue, Madame FOURNEYRON annonçait vouloir raser le bâtiment dont la construction atteignait déjà le deuxième étage. Devant l’émoi et l’incompréhension suscités chez nos concitoyens, le président du département, Monsieur MARIE, proposait alors une solution de rechange et le rachat d’une majeure partie du bâtiment. Après avoir étudié les différentes solutions, dont l’accueil de l’école régionale des beaux-arts, c’est l’accueil des archives qui a été retenu.
Aujourd’hui, alors que ce bâtiment, dont on découvre la très grande qualité architecturale, trouve tout son sens et toute sa place dans le paysage rouennais, je vous invite à examiner le contenu de ce projet de médiathèque destiné au contraire à tous les publics, toutes les générations, toutes les catégories sociales, implanté au cœur de Grammont, quartier du grand projet de ville en voie de désenclavement. Est-il par ailleurs utile de rappeler que ce projet avait reçu l’aval de l’Etat et était inscrit au contrat de plan Etat-région ainsi qu’au contrat d’agglomération. Rien n’étant à ce jour irréversible, deux raisons justifient aujourd’hui, alors qu’il en est encore temps, de reconsidérer cette décision d’abandon du projet.
En premier lieu, la reconversion du bâtiment à usage de médiathèque en un projet culturel comportant principalement l’accueil d’une partie des archives départementales et, plus secondairement, une bibliothèque de quartier ainsi que la direction des bibliothèques de la ville, ne peut donner satisfaction. Elle ne résout en rien la question de la lecture publique, les bibliothèques de notre ville et de notre agglomération restant dépourvues d’une tête de réseau telle qu’il en existe dans toutes les grandes villes de France. Pas plus que ne se trouve résolue la délicate question du patrimoine, troisième fonds régional en France, aujourd’hui stocké à Villon dans des conditions d’extrême vétusté et inaccessible au public. En ce qui concerne les archives, le déploiement de celles-ci sur un troisième site, d’ores et déjà reconnu insuffisant en termes de linéaire d’archivage, ne procède pas d’une politique cohérente puisqu’il devra faire avec les deux autres sites, compliquant ainsi le fonctionnement de l’ensemble et aggravant son coût.
En deuxième lieu, le coût final de ce projet pour le moins hybride sera bien supérieur au coût initial de la médiathèque (47 millions d’euros). D’ores et déjà, le coût d’arrêt du chantier en juillet 2007, les frais d’honoraires supplémentaires de l’architecte ou encore la prise en compte du coût de réalisation d’une salle de consultation des archives tout juste achevée dans l’hôtel de département, qui ne servira donc pas, font dépasser pour le contribuable local l’enveloppe initialement prévue.
Aujourd’hui, une décision de sagesse s’impose. C’est pourquoi je m’adresse à vous en tant que président de l’agglomération rouennaise afin que vous organisiez dans les meilleurs délais un tour de table de tous les partenaires concernés (ville, agglomération, département, région, Etat) dans le but de bien réévaluer la nécessité d’une telle médiathèque que de nombreux rouennais, par voie pétitionnaire, ont affirmé vouloir voir aboutir. Ainsi, dans le cadre d’une légitime participation et d’une clé de répartition conforme à ce qui était initialement prévu et à ce qui se fait dans toutes les régions de France qui se sont dotées d’un tel équipement moderne et ambitieux, il faut que soit envisagée de nouveau la possibilité de mettre en œuvre ce projet et que chacun y prenne sa part raisonnable. Cela éviterait en particulier au département de la Seine Maritime de dépenser dans un projet peu satisfaisant en termes d’archivage la somme de 32 millions d’euros. Je pense en effet que ce sauvetage politique ne parviendra jamais à masquer ce qui, sinon, restera un scandale public. Si Rouen a l’ambition d’être la capitale d’une Normandie réunifiée et de s’inscrire dans le cadre d’une communauté urbaine, il parait inconcevable qu’elle ne soit pas dotée des équipements que l’on retrouve partout en France.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de ma considération distinguée. »
19:33 Ecrit par Rouen Perspectives dans Communiqué de Presse, Culture, Livre, Médiathèque, Politique, Propositions, Quartiers., Rouen, Rouen Agglo | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
18.10.2008
Effets secondaires.

Médiathèque suite …
Au moment où dans sa séance du 14 octobre le Département de la Seine-Maritime acte à son tour l'abandon du projet de la Médiathèque, dans des conditions aussi désastreuses que lors du conseil municipal du 26 septembre dernier (vote à l’aveugle : absence de données techniques et financières, aucune garantie juridique), nous mesurons jour après jour les conséquences de la reconversion du projet.
C'est aujourd'hui les libraires de Rouen qui en subissent aussi le contre coup, avec l’arrêt du contrat portant sur les commandes de livres et documents nécessaires à la constitution des fonds une fois l'équipement ouvert. Un appel d'offres avait été pour ce faire lancé et remporté par l'association des libraires rouennais. Le marché contracté s’étalant jusqu'en 2010, ceux-ci s'étaient organisés et avaient investi de manière à honorer la demande. Aujourd'hui, l'arrêt brutal fragilise fortement l'économie du secteur qui doit aller jusqu’à licencier les personnels qui travaillaient à la constitution des fonds.
Pour ne citer qu'un exemple, ce sont aujourd'hui quatre salariés de la librairie l'Armitière qui se trouvent être remerciés du fait de la rupture du contrat.
14:53 Ecrit par Rouen Perspectives dans Livre, Médiathèque | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.09.2008
RNB : Rien Ne Bouge !

Valses-hésitations, ordres, contre-ordres, délibérations prises, délibérations retirées ..., le conseil municipal de vendredi dernier a été l’occasion d’un nouvel épisode dans ce qu’on peut appeler le feuilleton de la Médiathèque.
Après un été agité au cours duquel , on peut s’en réjouir, le maire a renoncé à la démolition du bâtiment ayant atteint son 2ème étage, de nouvelles décisions ont été prises, décisions qui, il faut le souligner, n’ont jamais été évoquées pendant la campagne électorale .
La recherche de solutions à tout prix a conduit le président du Département à proposer la reconversion du bâtiment pour y installer les archives sauvant ainsi la mise à sa collègue. Tout cela sans consultation des acteurs concernés, la direction des Archives tout comme celle des bibliothèques ayant été mis devant le fait accompli.
Par ce qui s’apparente à un tour de passe passe, le maire nous vend lors de ce conseil un prétendu nouveau projet de lecture publique pour Rouen intitulé RNB.
RNB acte le retour à la Bibliothèque Villon, vétuste et inadaptée, vante la constitution d’une bibliothèque numérique (déjà prévue dans le précédant projet), propose la réalisation d’une bibliothèque de quartier à l’ouest (là on est d’accord puisque nous l’envisagions nous même à terme, un lieu étant réservé dans les Docks). Grammont se contentera d’une petite bibliothèque de quartier ….
Voilà donc comment en quelques semaines, dans la précipitation, l’incohérence la plus totale et surtout l’absence de visibilité (combien cela va-t-il coûter ? est on au clair juridiquement ?…est il normal que la ville finance les archives départementales ? …) on renonce à un grand projet culturel et urbain attendu depuis 2O ans, soutenu et financé par le ministère de la culture.
On condamne Rouen à être la seule métropole régionale en France qui ne disposera pas d'une Médiathèque. A l'heure où se poursuit la Médiathèque d'Angoulême avec une réorientation qui va dans le sens des choix que nous avions faits à Rouen, à l'heure où s'inaugurait à Strasbourg, le 19 septembre dernier, la Médiathèque de l'Est, financée à 68 % par la Communauté Urbaine de Strasbourg, on prive les rouennais d’un équipement essentiel.
Il devait s’appuyer sur le réseau des bibliothèques de quartier mais aussi de l’agglomération ; doté des supports de communication les plus modernes et devant permettre l’accès à une offre documentaire extrêmement riche patrimoine compris.
Devant tant de gâchis nous avons demandé à madame le Maire d’organiser le débat public et la consultation des rouennais dans les jours qui viennent, nombre d’entre eux s’étant déjà exprimés par le biais de pétitions qui circulent ….Ils ont le droit de choisir l’équipement dont ils souhaitent disposer pour les 5O ans à venir, ils ont le droit d’avoir des réponses claires à leurs questions.
13:54 Ecrit par Rouen Perspectives dans Culture, Livre, Médiathèque | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






