15.05.2009
Refuser le budget du CHU, est-ce défendre le CHU ?
Hier soir, le Conseil d'Administration du CHU-Hôpitaux de Rouen, présidé par Mme Valérie FOURNEYRON, a refusé par seize voix contre onze d'adopter le budget de l'établissement pour l'année 2009 et l'a par conséquent placé sous tutelle de l'Agence Régionale de l'Hospitalisation. Trois jours auparavant, la communauté médicale de notre CHU avait pourtant émis un avis favorable à une très large majorité (vingt-sept pour, quatre contre).
Que s'est-il passé ?
Parmi les vingt-sept membres qui votaient au Conseil d'Administration, tous les médecins du CHU, tous les représentants des usagers ainsi que les représentants de la médecine libérale et des soignants ont apporté leur appui à la proposition de budget préparée par le Directeur Général et la Présidente de la Communauté Médicale, en collaboration avec l'ARH.
En revanche, l'ensemble des représentants de la majorité municipale ainsi que leurs collègues socialistes et communistes représentants des autres collectivités, faisant alliance avec les syndicats, ont choisi de rejeter le budget.
Au total, onze voix pour, seize voix contre.
Catherine MORIN-DESAILLY, en son nom et au nom des élus du groupe Centre, Démocrates et indépendants, étant membre du Conseil d'administration du CHU, souhaitait qu'on accorde la confiance à l'équipe qui gère l'hôpital dans une période difficile. En effet, le Conseil Exécutif, composé de médecins de la CME et de l'équipe de direction, réalise depuis deux ans des réorganisations courageuses inspirées par le souci de la qualité du service rendu aux malades et la recherche de l'efficience du service public.
Que va-t-il se passer ?
Parmi les conséquences inévitables, il y aura un blocage du fonctionnement de l'établissement qui aura des répercussions au quotidien.
La tutelle de l'Agence Régionale de l'Hospitalisation ne risque-t-elle pas d'aboutir au final à une réduction des moyens ?
Le Directeur de l'ARH lui-même, M. Christian DUBOSQ qui participait à la séance, préconisait de laisser l'établissement maître de son destin.
La majorité municipale a-t-elle vraiment placé en premier la défense de l'intérêt de notre CHU ?
Comme Catherine MORIN-DESAILLY qui pour sa part, participe activement au débat parlementaire sur la réforme de l’hôpital actuellement en cours au Sénat, nous déplorons la confusion des genres qui a motivé la prise de décision de la présidente du Conseil d’administration. Madame Fourneyron a confondu la gestion du CHU et le débat politique national. Peu soucieuse des graves difficultés dans lesquelles elle engage les équipes du CHU, celle-ci a fait le choix de la politique du pire, prenant ainsi en otage l'établissement. Une première pour les CHU français.
Le rôle d’un maire, président du Conseil d’administration d’un établissement hospitalier ne serait-il pas plutôt, au-delà des idées partisanes, la recherche de l’intérêt général ?
13:11 Ecrit par Rouen Perspectives dans Communiqué de Presse, Medecine, Politique, Social | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
04.04.2009
Persona non Grata.
Le service d’Hébergement et d’Accompagnement à la Vie Autonome pour Adultes Handicapés (HAVAH) est aujourd'hui menacé par la municipalité.
Depuis quelques jours, nous sommes alertés par des parents de jeunes adultes handicapés vivant au sein de la résidence pour personnes âgées Saint Filleul de procédures iniques et impitoyables à leur encontre, entamées par la mairie de Rouen.
Le service HAVAH, géré par le CCAS, créé en partenariat avec une association de parents de jeunes déficients intellectuels, permet de les aider dans la gestion de leur logement situé dans un cadre sécurisé, convivial, évitant la solitude dont souffrent beaucoup trop de personnes handicapées.
L’association VIVENS (Vivre Ensemble) avait sollicité le Centre Communal d’Action Sociale afin d’étudier les possibilités de mise en œuvre d’une structure d’hébergement et d’accompagnement. Cette initiative s’est concrétisée à la fin de l’année 2005 par la mise à disposition de 10 appartements au sein du logement foyer Saint Filleul géré par le CCAS.
Tout en étant indépendants matériellement, ces personnes bénéficient d’un suivi personnalisé, grâce à une équipe socio-éducative présente dans les lieux, qui permet de les aider dans leur vie quotidienne, dans le respect de leur différence.
Aujourd’hui, ce projet, unanimement reconnu par les professionnels de santé comme innovant et réussi en terme de mixité sociale et générationnelle, est remis en cause dans ses fondements par les élus en charge du dossier, Caroline Dutarte, Adjointe chargée des affaires sociales et de l’insertion, et Robert Foubert, Adjoint chargé des affaires générales, des affaires militaires, des personnes en situation de handicap et de la commission communale d’accessibilité, au mépris total du bonheur et de l’équilibre trouvé par les résidants. En effet, sans avoir réellement pris connaissance du projet, Madame Dutarte vient en changer la nature, sans aucune concertation, en faisant de ces logements de simples appartements transitoires et non plus des logements durables et pérennes pour ceux qui en faisaient le choix.
Depuis deux mois, les jeunes adultes, fragiles psychologiquement, subissent des pressions inadmissibles afin de leur faire quitter contre leur gré leur logement, que certains occupent depuis plus de trois ans.
Le lundi 30 mars, les résidants handicapés et leur famille ont eu une réunion avec ces deux élus, la convocation ayant été reçue au mieux le samedi 28 mars et au pire le jour même, ce qui montre tout l’intérêt qu’ils leur témoignent. Cette réunion n’a rien apporté de concret, mais a démontré une fois de plus leur méconnaissance complète du dossier.
La municipalité ne semble pas avoir conscience du trouble causé aux résidants et à leur famille et ne pas comprendre l’urgence qu’il y a à régler ce problème. Il est à espérer que l’entrevue prévue avec Mesdames Fourneyron et Dutarte et Monsieur Foubert, à la mi avril, sera plus concluante …
En tout cas là encore un bel exemple, où le social-isme du maire de Rouen et de ses adjoints n'a décidément vraiment rien de social.
23:46 Ecrit par Rouen Perspectives dans Social | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note





